INTRODUCTION
Le pronostic
est la prédiction de la durée, de l'évolution
et de la fin d'une pathologie ainsi que sa réaction
probable au traitement. C'est une évaluation globale d'une
affection à traiter, basée sur la connaissance
des facteurs étiologiques et sur les diverses thérapeutiques
existantes et des possibilités de maintient après
cicatrisation. Le pronostic doit être déterminer après
le diagnostic et le patient doit en être informé avant
le traitement ; Il sera modifiable au cours du traitement
1. Pronostic global
1.1. Selon le type de parodontite
Les parodontites à progression lente sont les plus fréquentes.
Elles répondent bien au traitement conventionnel dans
la mesure où elles ne sont pas trop avancées et si le
patient est capable de contrôler les irritants locaux. Le pronostic,
ici sera directement en relation avec l'importance de l'inflammation
et avec la quantité d'os restant. D'une manière générale,
chez deux patients présentants les mêmes atteintes osseuses,
le pronostic sera meilleur chez celui pour qui l'inflammation sera
la plus sévère.
Dans les parodontites à progression rapide les signes d'inflammation
sont souvent sans rapport avec la destruction osseuse sous-jacente.
Il n'y a pas de méthode fiable pour savoir avant le traitement
si la réponse était favorable d'autant que ces patients
présentent des perturbations immunitaires ou systémiques.
Le pronostic devra être très réservé.
1.2. Selon l'âge du patient
Le plus souvent, à quantité égale de destruction
osseuse, à égalité de facteurs étiologiques,
le pronostic est meilleur chez le sujet âgé. On peut
penser que la personne la plus jeune aura une plus grande capacité
de réparation osseuse et un meilleur pronostic après
traitement. Toutefois le fait qu'une telle destruction osseuse puisse
se manifester au cours d'une période de temps relativement
courte, donne une impression assez défavorable de la capacité
de réparation osseuse de ce jeune patient.
1.3. Selon l'état général
du patient
Nombreux sont les désordres systémiques susceptibles
d'aggraver une parodontite et/ou de diminuer la capacité de
guérison du patient. En général les maladies
graves ou chroniques modifient les prévisions. De même
lorsque l'état général du patient contre indique
les traitements chirurgicaux, le pronostic devra être réservé.
Une santé momentanément compromise change souvent le
tableau inflammatoire sans cependant influer profondément sur
l'évolution.
1.4. Tabac
Il faudra faire comprendre au patient que le tabac son état
parodontal autant que son état général. La vitesse
d'évolution de la lyse osseuse est plus rapide chez un fumeur
et la stabilisation ou la guérison après traitement
plus difficile à obtenir.
1.5. Le stress émotionnel
Un stress de longue durée quelle que soit son origine transforme
les réactions immunitaires et modifie par conséquent
la réponse de l'hôte. A ce titre, il est susceptible
de provoquer l'apparition ou d'influencer l'évolution d'une
parodontite. De plus, les patients ont souvent tendance à négliger
les soins corporels ce qui aura une incidence sur le contrôle
de plaque.
1.6. Coopération du patient
La volonté réelle du patient d'établir un contrôle
de plaque importe beaucoup dans le pronostic. La coopération
du patient est un processus dynamique et hautement individualisé.
Le thérapeute qui souhaite obtenir une bonne réponse
des patients doit adopter une stratégie comportementale personnalisée
pour qu'il l'applique de façon continue, en s'appuyant sur
toutes les mémorisations possibles, visuelles, gestuelles
et tactiles. La motivation du sujet ne sera réellement appréciée
qu'après un délai de trois mois à un ou deux
ans.
1.7. Malocclusions
Des dents mal alignées, des relations occlusales perturbées
sont des facteurs importants à prendre en compte. La correction
par des moyens prothétiques ou orthodontiques est essentielle
au traitement parodontal. Le pronostic global chez des patients présentant
des déformations occlusales que l'on ne peut pas corriger,
sera défavorable.
2. Pronostic par site
2.1. Mobilité
La mobilité ne signifie pas forcément une dégradation
de l ‘état parodontal mais peut résulter
d'une force excessive sur la dent. Si une mobilité importante
est due à l'inflammation et au trauma occlusal le pronostic
sera favorable. Si elle résulte uniquement d'une perte osseuse
le pronostic sera plus réservé. Il faudra surtout
considérer l'évolution de cette mobilité au
cours du traitement. Une diminution de la mobilité de la
dent signe un bon pronostic. Une augmentation de la mobilité
après préparation initiale est mauvais signe et peut
être une indication de contention. Une mobilité verticale
est souvent synonyme d'extraction de la dent.
2.2. Morphologie dentaire et radiculaire
Plus le rapport couronne clinique / racine clinique est élevé
plus le pronostic est mauvais. En effet les dents aux racines courtes
et grêles auront une surface d'attache parodontale très
inférieure à celles aux racines longues et cylindriques.
De même une morphologie atypique ne permettant pas un surfaçage
correct influencera directement le pronostic.
2.3. Poches parodontales
Plusieurs variables seront à considérer : profondeur
de la poche, niveau d'attache et hauteur osseuse résiduelle.
Elles seront évaluées par sondage et radiographie.
La profondeur de la poche est moins importante que le
niveau d'attache, parce qu'elle n'est pas nécessairement
liée à une perte osseuse importante. En général
le pronostic est meilleur pour des dents avec des poches profondes
et des pertes osseuses importantes que celles avec des poches peu
profondes et une perte osseuse sévère.
Le type de poche est également à considérer :
les poches supra osseuses sont d'un pronostic plus favorable que
les poches infra osseuses nécessitant souvent la mise en
œuvre d'un traitement plus lourd.
2.4. Lésions interradiculaires
(LIR)
La présence de LIR n'indique pas un pronostic désespéré.
Celui ci dépend de la possibilité d'un traitement
et de l'accessibilité de la zone aux techniques d'hygiène.
Chez un patient motivé, un traitement par tunnelisation,
amputation radiculaire ou RTG assure les conditions de conservation
de la dent à long terme. Toutefois en présence de
racines rapprochées et concernant les molaires mandibulaires
le pronostic devra être réservé en cas d'atteinte
interradiculaire profonde et de lésion verticale
2.5. Rapports avec les dents voisines
Lorsque l'on traite une dent dont le pronostic est douteux, on doit
mettre en balance les chances de réussite de son traitement
avec les avantages dont pourrait bénéficier le parodonte
des dents voisines si la dent en question était extraite.
Essayer de conserver une dent trop atteinte, met parfois en danger
les dents voisines. L'extraction d'une dent douteuse est suivie
d'une restauration partielle du soutient des dents adjacentes.
2.6. Localisation de l'os en rapport avec
chacune des surfaces dentaires
Lorsqu'une lyse osseuse plus importante s'est produite sur une seule
face d'une dent, on doit prendre en considération la
hauteur de l'os au niveau des faces moins atteintes pour déterminer
le pronostic. Comme la hauteur de l'os relative à ces
faces est plus grande, le centre de rotation est plus proche de
la couronne. C'est pourquoi le système de levier qui agit
sur le parodonte sera plus favorable que ne le laisse présumer
la lyse osseuse qui se manifeste sur les faces dentaires les plus
sévèrement atteintes.
2.7. Examens micro biologiques (cf question
109)
Encore peu répandu ces tests permettent de dépister
les micro organismes associés aux parodontites. La disparition
de pathogènes tels que Aa, Pi et Pg est
favorable, leur persistance inquiétante.
2.8. Evolution du site
Ce critère sera primordial dans l'établissement du
pronostic après traitement : l'absence de saignement,
une reminéralisation de la corticale osseuse, une diminution
de la mobilité, une profondeur de sondage moindre, une stabilisation
ou un gain d'attache fournissent autant d'éléments
favorables. L'absence de plusieurs signes positifs oblige à
réserver le pronostic. Si aucun de ces critères n'évolue
favorablement, les prévisions sont mauvaises.
Conclusion
Le pronostic est le résultat d'une synthèse entre
l'expérience professionnelle, l'interprétation juste
des données recueillies, la coopération du patient
et l'estimation juste par le praticien de ses propres compétences.
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